A qui s'adressent les édulcorants ?
Par Cedric Berthomier - MyDiet.fr le lundi 10 mars 2008, 15:58 - Lien permanent
De l'aspartame au sucralose, en passant par le sorbitol et le xylitol, il
existe toute une gamme d'édulcorants, des substances qui servent à remplacer le
sucre dans les aliments. Destinés principalement aux personnes en surpoids ou
diabétiques, ils peuvent être consommés pratiquement par tous, à l'exception
des enfants en bas âge.
Vous connaissez tous les édulcorants. Quelles sont leurs indications
et leurs contre-indications ?
Edulcorants intenses : du plaisir sucre sans calorie
Les édulcorants intenses autorisés en France sont l'aspartame, l'acésulfame k,
le sucralose, la saccharine, le cyclamate de sodium, la thaumatine, et la
néohespéridine d c. Seuls les quatre premiers sont largement présents dans la
recette des édulcorants de table, comprimés et poudres, et dans différents
produits allégés : boissons "light", eaux aromatisées sans sucre,
laitages, glaces...
Ils ont en commun un très fort pouvoir sucrant, 100 à 600 fois supérieur à
celui du sucre. Il en faut si peu pour donner le goût sucré aux aliments que
leur apport calorique est négligeable.
A noter toutefois que les édulcorants en poudre sont plus énergétiques que ceux
en comprimés, parce qu'ils comportent, pour avoir plus de volume, du lactose
(glucide de constitution du lait) ou de la maltodextrine (glucide issu de la
décomposition de l'amidon des céréales) : une cuillère à café apporte 2
kcal, mais c'est 10 fois moins qu'une cuillère de sucre. Les édulcorants
intenses peuvent donc constituer une bonne alternative pour les personnes en
surpoids, voire soucieuses de ne pas prendre de poids. Evidemment, la
consommation d'édulcorants n'aide à maigrir que lorsqu'on contrôle l'ensemble
de ce qu'on mange. Sinon, on peut avoir inconsciemment tendance à compenser le
déficit calorique occasionné par la substitution d'édulcorants au sucre. Autre
atout des édulcorants intenses, ils n'ont aucun impact sur la glycémie, taux de
sucre sanguin. Car bien qu'ils aient une saveur sucrée, ce ne sont pas des
glucides. Ils conviennent donc aux personnes diabétiques. En cas de diabète de
type 2 (non insulino-dépendant), leur apport calorique quasi nul va bien dans
le sens de la perte de poids recherchée pour équilibrer les glycémies. En cas
de diabète de type 1 (insulino-dépendant), où les aliments sucrés sont tolérés
en petite quantité, les édulcorants sont tout de même intéressants, notamment
sous forme de sodas "light" (les boissons sucrées normalement demeurent
vivement déconseillées, car plus hyperglycémiantes que les aliments sucrés).
Les édulcorants intenses conviennent aussi aux personnes souffrant
d'hypertriglycéridémie, les triglycérides sanguins en excès pouvant être
fabriqués par l'organisme à partir des glucides.
Edulcorants de charge ou polyols : le goût sucré sans les
caries
Les polyols sont le sorbitol, le mannitol, l'isomalt, le maltitol, le lactitol,
et le xylitol. Contrairement aux glucides, ils ne sont pas utilisables par les
micro-organismes de la plaque dentaire. Leur principal intérêt réside donc dans
la prévention des caries. Le xylitol freinerait même le développement de la
plaque dentaire. Réservés au départ aux bonbons et chewing-gums "sans sucre",
ces édulcorants se trouvent maintenant dans d'autres produits comme les
chocolats et les confitures allégés en sucre. Sur le plan énergétique, les
polyols sont en moyenne 2 fois moins caloriques que le sucre : 2 kcal par
gramme (au lieu de 4). Ils n'ont presque pas d'impact sur la glycémie. Les
aliments avec polyols peuvent donc également convenir aux personnes en surpoids
ou diabétiques, il faut toutefois tenir compte de leur apport énergétique non
nul, voire de leur apport en glucides : par exemple, une confiture
comportant des polyols peut aussi contenir du fructose en remplacement du
sucre. La limite de consommation des polyols est l'inconfort digestif qu'ils
peuvent occasionner, fonction de la sensibilité de chacun. Partiellement
dégradés dans le côlon (gros intestin) par la flore intestinale, ils donnent
lieu à la production de gaz, ils peuvent, à fortes concentrations, ballonner,
parfois entraîner une diarrhée. Pour certains polyols comme l'isomalt, on a
démontré que ces troubles digestifs s'estompent après plusieurs jours de
consommation. Toutefois, les aliments contenant des polyols portent
obligatoirement la mention : "une consommation excessive peut avoir des
effets laxatifs".
Edulcorants et dose journalière autorisée
Les édulcorants intenses comptent parmi les additifs. Ils bénéficient chacun
d'un numéro de code européen et sont autorisés après évaluation toxicologique
et attribution d'une DJA, dose journalière admissible. Pour définir cette DJA,
exprimée en mg par kilo de poids corporel, on prend de grandes marges de
sécurité. Toutes les périodes de la vie sont couvertes, y compris chez la femme
la grossesse et l'allaitement. Il est par ailleurs difficile d'atteindre la
DJA. Par exemple, pour l'aspartame, la DJA est de 40 mg par kilo de poids. Une
femme de 60 kilos pourrait donc en consommer jusqu'à 2,4 g par jour,
l'équivalent d'environ 100 comprimés. Pour le sucralose, la DJA est de 15 mg
par kilo de poids. A une femme de 60 kilos, il faudrait 180 sticks individuels
pour atteindre 900 mg de sucralose. Bien sûr, il faut aussi tenir compte des
édulcorants incorporés dans les aliments du commerce, sodas et aliments
allégés. Mais, leur proportion est strictement réglementée par des textes
européens et français. Pour déterminer un chiffre maximal, les experts tiennent
compte de nos habitudes de consommation. Si on ne mange pas d'un aliment
édulcoré avec démesure, il n'y a aucune raison d'atteindre les DJA.
Edulcorants, pas pour les enfants de moins de 3 ans
Les enfants de moins de 3 ans représentent la seule catégorie de population
pour laquelle les experts émettent des réserves. L'adjonction d'édulcorants
intenses aux aliments qui leur sont réservés (pour "enfants en bas âge") n'est
pas autorisée. De toute façon, il n'y a aucune logique à proposer des aliments
allégés à des enfants en phase de croissance intense avec d'importants besoins
énergétiques. En cas d'obésité précoce, l'usage d'édulcorants ne doit être mis
en place qu'après une consultation de nutrition.
Une contre-indication à l'aspartame à ne pas oublier est la phénylcétonurie,
une maladie génétique rare qui se détecte à la naissance, affectant le
métabolisme de la phénylalanine. Ceci explique la mention obligatoire :
"contient une source de phénylalanine" sur les produits comportant de
l'aspartame. A noter : les polyols, considérés comme sûrs, car présents
naturellement dans certains végétaux, n'ont pas de DJA. Leur contre-indication
essentielle est la colopathie fonctionnelle (colite), voire la gastrite. Ils ne
conviennent pas non plus aux enfants de moins de 3 ans, dont le tube digestif
est particulièrement fragile.
Commentaires
Merci pour cette excellent article ! Moi qui prend de l'aspartam depuis des mois, je ne savais plus quoi penser ! On me parle que c'est cancérigène.. J'avais un doute mais votre article me rassure car ma consommation est raisonnable. J'en prend en petite pastille ronde : 3 avec mon café au lait du matin et 3 avec celui de la fin de journée. Il m'arrive de saupoudrer mes Cornflakes la nuit d'aspartam en poudre. Je pense que c'est pas dangereux finalement. Merci
Après il ne faut pas oublier, que même sans calorie, ils entretiennent l'envie du sucre ce qui n'est pas forcèment idéal. En effet, le sucre appel le sucre.
Le mieux serait de complétement limiter le sucre en rajout dans les boissons et les yaourts afin de ne plus éprouver l'envie de sucrer et ainsi ne pas être tenter par tous les produits sucrés de manière générale.
Il faut savoir, qu'il faut environ 15 j pour s'habituer à une baisse de consommation de sucre.
Merci beaucoup pour l'information ! C'est noté !
merci pour vce joli articte :) juste une précision si seulement les diabète et leur entourage etait très bien informé et apliquer rigoureusement leur régime beaucoups de porbème dont souffert les diabétiques seront évités
Effectivement, je conseille fortement de faire de l'éducation nutritionnelle pour le diabétique. Il y a de très bon résultat en terme de connaissances de la maladie et la diététique notamment.
Demandez à votre médecin qu'il vous oriente vers ces stages qui devraient recommandés pour tous les diabétiques.