"La tolérance aux médicaments varie selon l'heure de leur prise, expliquera Bernard Bruguerolle, du service de pharmacologie de la faculté de médecine, à Marseille. Si l'on s'intéresse non plus à la toxicité mais à l'activité des médicaments, la réponse de l'organisme à un médicament en termes qualitatifs ou quantitatifs va dépendre, elle aussi, de l'heure d'administration."

En cancérologie, le Dr Francis Lévi, Inserm U776, Hôpital Paul Brousse à Villejuif, étudie depuis longtemps les effets des rythmes sur les cancers et les réponses aux traitements. Il a notamment montré une augmentation du risque de cancer du sein, du côlon et de la prostate chez les travailleurs soumis à des décalages horaires chroniques pour raison professionnelle. Il a également prouvé que l'adaptation des traitements anticancéreux au système circadien (chronothérapie) permettait d'en réduire les effets toxiques jusque cinq fois, tout en accroissant l'activité antitumorale. Malheureusement, tous les patients n'en bénéficient pas encore, loin de là.