Légumes bio, c’est tout naturel
Par Cedric Berthomier - MyDiet.fr le mardi 4 mars 2008, 18:10 - Lien permanent
Leur culture sans engrais et pesticides chimiques de synthèse contribue bien
sûr à la protection de notre planète. Et ce qui est bon pour la Terre l'est
évidemment pour l'homme! Meilleure tenue en cuisson, goût plus prononcé,
meilleur rendement en matière sèche, grande diversité des produits… Les légumes
bio ne manquent pas d'atouts.
Dans la famille " bio ", les fruits et légumes constituent des produits
vedettes. En 2006, leur production a généré 264M€ de chiffres d'affaires, soit
16 % du marché alimentaire bio. Une attractivité sans doute confortée par la
campagne nationale lancée par la commission bio de l'interprofession (Interfel)
dès 2005 sous le slogan: "Tous les bienfaits des fruits et légumes frais, la
santé de la terre en plus ". La production de légumes bio allie en effet
tradition et modernité, en préférant aux pesticides et engrais chimiques les
matières organiques naturelles (fumier, algues, compost).Mais la démarche bio
s'appuie aussi sur le respect du cycle naturel des végétaux, le choix de
variétés adaptées aux terroirs et la préservation des haies et des nids afin de
maintenir les prédateurs naturels comme les coccinelles contre les pucerons. Et
si l'on veut optimiser cette démarche de protection de l'environnement, il
s'agit de manger du bio local pour diminuer les transports, facteurs de
pollution.
Du goût et des nutriments en plus
Bon pour la Terre, le bio l'est également pour l'homme et sa santé. Premier
constat: tout peut se manger dans un légume bio, l'intérieur comme " sa peau ",
puisqu'elle ne contient pratiquement pas de pesticides. L'atout est de taille
pour la santé, puisque la partie externe des légumes est toujours plus riche en
vitamines, en fibres et en polyphénols, substances de la plante qui jouent un
rôle anticancéreux. Second constat : les légumes bio contiennent moins
d'eau et plus de matière sèche. Ils seraient donc plus nutritifs. Cet apport
supplémentaire pourrait atteindre + 20% selon l'institut suisse de recherche en
agriculture biologique, le FIBL*. A point égal, un légume bio apporterait donc
plus de nutriments qu'un légume conventionnel. Cette plus forte proportion de
matière sèche s'accompagne d'une meilleure tenue en cuisson et d'un goût
souvent plus prononcé, ce qui permet de réduire les ajouts de type sauces pour
donner plus de saveurs.
Une denrée rare
Seul bémol, l'aspect extérieur de ces légumes est quelquefois un peu " brut
".Mais ces défauts d'aspect n'altèrent en rien leurs qualités gustatives et
nutritionnelles. Manger des légumes bio, c'est aussi redécouvrir le goût des
saisons. En hiver, on cuisinera le céleri, le chou-fleur, l'endive, la mâche,
le navet, l'oignon, le poireau, la pomme de terre… Au printemps, on dégustera
l'artichaut, l'asperge, le chou, le concombre, les petits pois, la pomme de
terre primeur, le radis, la salade, la tomate… On retrouvera la tomate, la
salade, le concombre, l'artichaut l'été, mais on se régalera aussi
d'aubergines, de courgettes, de fèves, de haricots ou de poivrons. Respecter le
rythme des saisons apporte une réelle diversité. Et si l'on ajoute à cela la
multitude de légumes secs remis aujourd'hui au goût du jour, la variété des
saveurs est assurée et l'apport de protéines (végétales) renforcé. Encore
faut-il bien sûr pouvoir trouver des légumes bio ! Car si la production a
progressé de + 41% entre 2001 et 2006, totalisant cette année-là 8733 hectares
de légumes bio cultivés**, elle reste encore globalement modeste et répartie de
façon fort inégale sur l'Hexagone. En effet 47 % des exploitations (1255) se
situent en Bretagne, les autres étant en Rhône-Alpes (506), en Provence (503),
en Pays de la Loire (495) et en Aquitaine (453). Résultat, si dans la Drôme, on
ne ressent pas cette restriction (10% des terres cultivées sont bio !), en
revanche, à Paris, il est beaucoup plus difficile de se mettre du bio sous la
dent. Ceci n'est pas propre aux légumes. Toutes filières bio confondues, la
France se classe au 20e rang européen! Autre difficulté : le coût de
production. L'agriculture biologique est en effet utilisatrice d'une
main-d'œuvre plus importante (désherbage naturel par exemple); les rendements
peuvent être plus faibles et plus irréguliers. Mais l'agriculture bio mise sur
la multiplication des circuits courts de distribution pour contrebalancer ces
surcoûts de production. La vente directe est nettement privilégiée par les
producteurs. C'est par exemple le cas de trois cultivateurs de légumes bio sur
quatre en Rhône-Alpes.Bio et local, c'est idéal…
UNE PRODUCTION TRÈS CONTRÔLÉE
La production bio obéit à une réglementation stricte, définie aux niveaux
européen et français. Pour être certifié en agriculture biologique,
l'agriculteur doit respecter un cahier des charges qui définit une obligation
de moyens. Mais il répond également à des contrôles réguliers, réalisés par un
organisme certificateur indépendant dont le nom accompagne le logo apposé sur
son produit.