Pour évaluer le risque cardiovasculaire lié au surpoids, mieux vaut suivre le tour de taille
Par Cedric Berthomier - MyDiet.fr le mercredi 19 décembre 2007, 17:35 - Lien permanent
Une étude épidémiologique internationale coordonnée par l'Inserm
vient de démontrer en instantané que plus de la moitié de la population
mondiale est en surpoids. Cette étude montre également que le tour de taille
est un excellent indicateur de risque cardiovasculaire et de
diabète.
Cinq continents, 63 pays, 69 409 hommes et 98 750 femmes âgés de 18 à 80
ans, tous suivis par un médecin généraliste, et deux demi-journées d'enquête
téléphonique pour se renseigner sur leur âge, leurs antécédents de maladies
cardiovasculaires ou de diabète, leur tour de taille et enfin leur indice de
masse corporel (IMC). C'est le protocole suivi par l'étude IDEA (International
Day for Evaluation of Abdominal Obesity) coordonnée par l'Inserm. Il s'agit de
la plus grande étude disponible permettant d'apprécier en
« instantané » la fréquence de l'adiposité, avec un recueil de
données homogène à travers le monde.
Les résultats de cette étude sont édifiants : « Le surpoids est une
véritable pandémie : entre 50% et 66% de la population mondiale est en
surpoids ou obèse. Or, la graisse située au niveau abdominal augmente
significativement le risque de développer des pathologies cardiaques et
certaines formes de diabète. Le tour de taille est un marqueur clinique plus
fiable du risque de maladies cardiovasculaires et de diabète que l'IMC »,
analyse Beverley Balkau, directrice de recherche au sein de l'unité Inserm 780
« Epidémiologie et biostatistique », et coordinatrice de cette vaste étude
transversale*.
« On observe une augmentation significative des pathologies cardiaques et
du diabète corrélée à une augmentation du tour de taille » précise la
chercheuse. En pratique, une augmentation du tour de taille de 14 centimètres
chez les hommes accroît le risque cardiovasculaire d'environ 35 %. Chez les
femmes, ce risque est accru de 40 % lorsque l'augmentation est de 15 cm.
Pour surveiller le risque cardiovasculaire, la mesure régulière du tour de
taille paraît donc un meilleur indicateur que le calcul de l'IMC. On parle
ainsi d'adiposité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 94 cm chez les
hommes et 80 cm chez les femmes.
Pour lutter contre cette épidémie d'obésité et de surpoids, les meilleures
armes restent sans aucun doute une alimentation équilibrée et une activité
physique régulière.