Cinq continents, 63 pays, 69 409 hommes et 98 750 femmes âgés de 18 à 80 ans, tous suivis par un médecin généraliste, et deux demi-journées d'enquête téléphonique pour se renseigner sur leur âge, leurs antécédents de maladies cardiovasculaires ou de diabète, leur tour de taille et enfin leur indice de masse corporel (IMC). C'est le protocole suivi par l'étude IDEA (International Day for Evaluation of Abdominal Obesity) coordonnée par l'Inserm. Il s'agit de la plus grande étude disponible permettant d'apprécier en « instantané » la fréquence de l'adiposité, avec un recueil de données homogène à travers le monde.
Les résultats de cette étude sont édifiants : « Le surpoids est une véritable pandémie : entre 50% et 66% de la population mondiale est en surpoids ou obèse. Or, la graisse située au niveau abdominal augmente significativement le risque de développer des pathologies cardiaques et certaines formes de diabète. Le tour de taille est un marqueur clinique plus fiable du risque de maladies cardiovasculaires et de diabète que l'IMC », analyse Beverley Balkau, directrice de recherche au sein de l'unité Inserm 780 « Epidémiologie et biostatistique », et coordinatrice de cette vaste étude transversale*.
« On observe une augmentation significative des pathologies cardiaques et du diabète corrélée à une augmentation du tour de taille » précise la chercheuse. En pratique, une augmentation du tour de taille de 14 centimètres chez les hommes accroît le risque cardiovasculaire d'environ 35 %. Chez les femmes, ce risque est accru de 40 % lorsque l'augmentation est de 15 cm.
Pour surveiller le risque cardiovasculaire, la mesure régulière du tour de taille paraît donc un meilleur indicateur que le calcul de l'IMC. On parle ainsi d'adiposité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 94 cm chez les hommes et 80 cm chez les femmes.
Pour lutter contre cette épidémie d'obésité et de surpoids, les meilleures armes restent sans aucun doute une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.